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 " Celui qui trouve le pouvoir facile et excitant n'est qu'un imposteur. "

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Messages : 77

WHO AM I ?
Rang: Alpha de la meute de St Petersbourg
Pouvoir(s): Télépathie, guérison instantanée (propre aux lycans)
Amis, amants, tourments :

MessageSujet: " Celui qui trouve le pouvoir facile et excitant n'est qu'un imposteur. "   Ven 14 Mai - 21:00

Dimitriov, Alekseï

feat ASHTON KUTCHER




• RACE : Lycan

• AGE : 79 ans

• DATE & LIEU DE NAISSANCE : pas loin de Surgut, le 17 mars 1931.

• NATIONALITÉ / ORIGINES : Russe. Et... russe.

• STATUT : Alpha de la meute de St Petersbourg

• LIEU DE RÉSIDENCE : Aux alentours de la ville, dans une maison ancienne


©️God Save the Pims



« People are Strange... »

« Ah, vous êtes deux ?! Ca tombe bien, nous aussi ! »


• PSEUDO : Dancetaria

• AGE : avancé

• CODE DU REGLEMENT : Lasher

• COMMENT AVEZ-VOUS DÉCOUVERT RUSSIAN SILENCE ? J'ai vu de la lumière au bout du tunnel et puis... *BAF*

• DISPONIBILITÉ : 5/7

• UNE DERNIÈRE CHOSE A DIRE ? Cool



Dernière édition par Alekseï Dimitriov le Ven 14 Mai - 21:14, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: " Celui qui trouve le pouvoir facile et excitant n'est qu'un imposteur. "   Ven 14 Mai - 21:03

« Who are you ?! »

« Who ?! Who ?! Who ?! Who ?!! »


Il est toujours long de se décider à écrire enfin son histoire. Mais quand on est sûr de soi, cela vient presque tout seul. Ces quelques lignes, je les rajoute après le reste, en guise d’introduction, si vous voulez. Il est important de faire part de ses impressions. Vous pouvez être certain que cela intéressera toujours quelqu’un.
Comme dit plus haut, j’ai mis le temps avant de rassembler mes souvenirs dans ma mémoire et de vous en faire le récit. Instinct de préservation de l’espèce ? Sans doute. Instinct paternel aussi peut-être, la volonté de transmettre aux générations futures. Nous tous avons une histoire, qu’il serait à mon sens, bien dommage d’oublier. Cette initiative est peut-être risquée, dans un monde où l’humanité ignore encore l’existence d’êtres surnaturels, mais si un humain tombe par mégarde sur ce récit, il croira au pire à l’ébauche d’un nouveau roman. Mais je pense pouvoir conserver cet écrit de façon sûre. J'ai appris à me servir de ces nouvelles machines, que l’on appelle ordinateurs. Mais je m’égare. J’aurais plus tard l’occasion de m’attarder sur tout cela. Passons à l’histoire, à présent.

Je suis né Loup. Dans un petit village de Russie, non loin de Surgut. Ma mère était humaine, et mon père loup également. Un loup solitaire échappé des profondeurs de la Russie, dont ma mère ignorait jusqu’au nom de famille. Cet homme, j'aurais cru ne jamais le connaître. Il est parti très vite, disons. Peut-être… quelques semaines après ma conception. L’appel de la terre, sans doute… Je ne le lui reproche pas. Je comprends son instinct. Après tout n’ai-je pas fait de même ?
Elle était jeune à l’époque et, oui mes amis, avait fauté. Mais le désir se fait parfois plus fort que toutes nos convictions. Elle s’est mariée tout juste après, avec un jeune travailleur qui lui faisait depuis longtemps des avances. Il l’a épousé presqu’aussitôt, ainsi suis-je toujours passé pour son fils légitime. Ce qui n’a jamais été une chose dérangeante. C’était un homme juste, fidèle et dévoué, vaillant et tout autant présent pour sa femme que pour ses enfants. Oui, « ses » enfants, car il donna un autre fils à ma mère cinq ans après ma naissance : Ullian. Oh bien sûr, entre temps notre mère eut à subir plusieurs grossesses, et enfanta quelquefois, mais inutile de vous dire qu’entre le travail que nous avions tous à effectuer pour survivre, le froid et les famines, peu d’entre nous parvenait à l’âge adulte. Et c’était ainsi dans toutes les familles. Ullian et moi, pourtant, y avons survécu. Encore aujourd’hui je me plais à penser que nous étions depuis toujours prédestinés à former ce clan que nous chérissons tant désormais. Aussi entêté et peu réfléchi soit-il, je n’aurais pas eu cette vie sans lui, mon frère, une vie somme toute riche et plaisante.

A mes quinze ans, pour la première fois, je me transformai. Je ne sais par quel miracle ce soir là je m’étais tenu éloigné de ma famille… mais cela valait mieux, car si j’avais été près d’eux, alors je les aurais surement tous tués. Comment expliquer ce que l’on ressent à ce moment précis ? Pour être honnête, si la surprise y est, l’instinct prend rapidement le dessus, et l’on devient loup avant même d’y avoir songé. Je me suis surpris à traquer des bêtes, et à tout saccager sur mon passage. J’étais moins sensible au froid, plus rapide et plus fort… et bien sûr, loup. Animal que l’on craignait par ici, qui avait, je le sentais, comme pris ma place, le temps de quelques heures. De toute une vie, en réalité, mais je ne m’en suis rendu compte et l’ai accepté que bien plus tard. Mon corps s’est transformé de même que ma personnalité, bien qu’à l’époque, j’avais l’illusion de malgré tout pouvoir rester le même. Je n’avais aucune idée de ce qui m’attendait, ni du fait qu’il me faudrait plusieurs années avant de me contrôler et de redevenir -plus ou moins- celui que j’étais.

Après quelques jours d’errance -semaine, peut-être, à vrai dire je ne m’en souviens guère- je retournai enfin chez moi, pour une maigre durée. Je voulais des explications, et, étant proche de mes parents, espérais qu’eux me renseigneraient. On m’accueillit à bras ouverts à mon retour. Je leur avais manqué, mais leur paraissais changé. Et toute cette boue sur mon corps, ces habits déchirés… On m’offrit à boire et à manger, un peu d’eau et de quoi me réchauffer. De nouveaux habits aussi. A cet instant, j’étais loin de me douter ce qu’allait être ma toute prochaine décision. Puis j’ouvris la bouche pour parler, et m’expliquer, secoué de partout comme je l’étais, mais je demeurai tout à fait incapable de parler. Je réalisai peu à peu l’absurdité de mes intentions. Que voulais-je leur demander ? Comment pouvais-je leur expliquer, puisque je ne savais pas moi-même ? Voulais-je qu’ils me bannissent, me voient comme un monstre ? C’était une chose que je ne voulais pas, alors, après un dernier regard allant vers mon jeune frère, âgé d’à peine dix ans à l’époque, je pris ma décision. Partir, partir loin encore sans ne rien dire, et cette fois, sans ne jamais revenir. Je demeurai persuadé -et ce à raison- que ce qui s’était passé se reproduirait encore, et que tant que je n’étais sûr de rien, je ne pouvais rester ici, et devenir une menace pour ceux que j’aimais.
La folie me prit alors, et sans même un regard en arrière, je me levai, las d’avoir à subir les sermons dont on m’assaillait. La colère ou la raison, je ne sais ce qui me poussa à me lever de mon semblant de tabouret et à me diriger droit vers la porte d’entrée, parfaitement décidé à m’en aller… et à ne plus jamais revenir. Je n’emportai rien, pas le moindre souvenir, uniquement ce que j’avais sur moi. Je me rappelle encore mon frère crier après moi, et les supplications de ma mère. Je crois qu’elle avait compris dès l’instant où je m’étais levais. Compris que j’allais repartir. Et cette fois, sans doute à jamais.

Livré à moi-même, j'errai de villages en villages en vivant du strict minimum. Mais cela ne me posait que peu de problèmes. Je ne ressentais plus le froid, ni la faim, ni la fatigue de la même façon. J’avais changé. Je n’étais plus moi, mais un autre. Oui, un animal, une bête sauvage, et de nouveau comme je l’avais escompté, je me transformai. Des hommes-loups, je n’avais jamais rien entendu de tel, à l’époque nous n’avions pas les livres, et du reste, je ne savais pas bien lire, n’ayant que très peu vu l’école. Partout où j’allais je voyais la misère, et sans m’en délecter, j’y restais indifférent. Je ne pensais qu’à vivre ma vie comme je l’entendais, me surprenant à voler, mentir, effrayer, tuer même, pour survivre. Je n’avais rien et m’en contentais. Dans de rares moments de lucidité, je me rappelais le monstre que j’étais, mais quelques minutes après, ma morale s’était envolée. Je me nourrissais surtout de gibier que je chassais, attiré par le goût du sang que j’étais. Des humains ? Oui, j’en ai tué aussi. Je suis une bête, que voulez-vous.

Je ne sais combien de temps j’ai vagabondé ainsi, mais ce qui est certain c’est que je me suis éloigné de chez moi, plus que je ne l‘aurais cru. Jusqu’à rejoindre Tver, non loin de Moscou, sur les bords de la Volga, où je fis la rencontre qui bouleversa ma vie solitaire. Pour la première fois je pris conscience de ce que j’étais réellement, au contact d’autres membres de mon espèce. Toute une meute, établie le long du fleuve, qui, après maints affrontements, m’accepta et m’enseigna tout ce qu’un jeune loup devait savoir. Je fus sans cesse remis à ma place, jeune fougueux que j’étais, mais je ne regrette rien. J’ai grâce à eux appris tout ce qu’il fallait, et également à me contrôler, ce qui est indispensable pour un loup. L’Alpha de la meute répondit à mes questions, et me permit de modérer mes pulsions. Je sus enfin qui j’étais, comment j’étais devenu celui que j’étais, et quelle était -en partie- ma destinée. Ces loups avaient un territoire qu’ils gardaient jalousement, repoussant chaque loup solitaire s’approchant d’un peu trop près avec férocité. Je ne sais pourquoi ils m’ont choisi. Pourquoi ils m’ont accepté parmi eux. Mais je suppose que l’Alpha avait vu en moi le désir d’apprendre et de me contrôler. J’ai eu beaucoup de chance dans ma vie. Plus que vous ne pouvez l’imaginer.

Je restai à leur côté pendant plus de dix ans, me plaisant à avoir de nouveau une famille. J’effectuai pour eux les travaux qu’ils me confiaient et qui nous permettaient de vivre à l’état humain. Ils étaient sédentaires et solidaires, organisés et réfléchis, bien que sanguinaires et diablement féroces. A leurs côtés je demeurai le petit dernier, le plus faible, le moins expérimenté, et aussi celui sur lequel on pouvait passer sa colère, mais cela me convenait. L’Alpha remettait mes agresseurs à leur place quand il le fallait, puis avec le temps, j’appris à me défendre seul. A mesure que mon corps humain vieillissait, le loup en moi grandissait, grossissait, et gagnait en force, en muscles. En quelques années je devins plus fort que la plupart d’entre eux, mais toujours, sus garder ma place au sein du groupe. J’avais gagné au moins de ne plus être embêté.

Ce fut d’une partie de chasse organisée qu’une fois de plus, je pris une décision importante, décision qui influença le cours de mon existence et celle de ma propre meute aujourd’hui. De nouveau, la bougeotte me prit, et après dix années de vie auprès de la meute, je me rappelai ma famille, ma mère, mon père -qui ne l’était pas, je m’en doutais bien à présent- et mon frère laissés des années plus tôt à Surgut, terre de ma naissance. Il ne me fallut pas plus de quelques jours pour me décider à quitter les autres afin de retraverser un bout de mon pays et, à l’instinct, retrouver ma famille humaine. Beaucoup dirons que je suis sentimental à l’écœurement. Pour un loup voyez-vous, ce n’est pas chose banale… et je ne puis vous l’expliquer chers confrères mais, oui, mes sentiments sont ce qu’ils sont, et je ne suis pas un être sanguinaire et cruel à l’extrême, mais quelqu’un tout aussi capable d’aimer. Je me plais à le croire et n’ai aucune honte à vous l’avouer.
Ainsi, je quittai donc ma deuxième famille pour rejoindre la première, qui de plus en plus, je commençais à le réaliser, me manquait. J’eus grand peine à dire au revoir à l’homme, au loup qui m’avait tout appris, mais partis toutefois vers le Nord, voyageant de nouveau en solitaire pendant des mois avant de regagner mon village. J’utilisai les techniques qu’ils m’avaient enseignées pour me fondre dans la société quand besoin s‘en faisait réellement sentir, mais la plupart du temps je passai mes journées et nuits dans le froid, en pleine nature, avançant sur ma route là où on ne pouvait me voir. Et les soirs de pleine lune, je chassais pour me nourrir, suffisamment pour tenir plusieurs jours, parfois presque jusqu’à ma prochaine transformation.

Le jeune homme que j’étais devenu retrouva son village et sa famille quelques mois après son départ de Tver, hésitant durant de nombreuses semaines avant de faire son apparition auprès de ceux qu’il avait quittés, douze années auparavant. Mes parents avaient vieilli bien sûr, et mon frère grandi. Il travaillait dans le coin, mais à ce que j’avais compris, ne brillait ni par sa vaillance, ni par son obéissance. De mon côté, j’avais tellement changé en quelques années que nul ne me reconnut, ainsi je pus me fondre parmi la population durant plusieurs jours, me faisant passer pour un nouvel arrivant, ayant tout perdu là où j’habitais avant. Ce n’était pas bien difficile à croire, à l’époque. La seconde guerre mondiale et le Stalinisme avaient considérablement affaibli notre pays, ou plutôt ses populations les plus reculées. Mais je ne vous ferai pas le récit de l’histoire ou de la politique de mon pays. Le loup que je suis ne s’est jamais senti concerné par ces choses là, à vrai dire.

J’attendis que ma mère soit seule à la maison avant de l’y rejoindre, manquant de tact à l’époque, et l’effrayant sans le vouloir. Mais je me rappelle aussi bien vite de ses yeux plissés, et de son expression de surprise. Puis de ses larmes de joie, et de ses hochements de tête. Je ne sais combien de temps elle remercia le ciel de m’avoir ramené. Avant même que je lui dise qui j’étais, elle avait su. L’instinct maternel, je suppose. Puis, comme lors de ma première fugue, elle s’occupa de moi, me posant mille et une questions auxquelles je ne répondis pas ou alors mentis, dans l’espoir de ne jamais éveiller les soupçons sur celui que j’étais vraiment. Je disais avoir fuit par lâcheté, las de la vie que la guerre et la misère nous faisait mener, et que j’espérais trouver mieux ailleurs. Et faiblement je m’excusais, avant de voir mon frère rentrer, puis, plus tard, mon « père » , l’un ému de me revoir, l’autre faisant de moi l’objet de son mépris, me reprochant de l’avoir abandonné. On me supplia de rester, mais je refusai, promettant de revenir régulièrement et de m’établir bientôt dans le village, et d’y trouver de quoi travailler. Peut-être une épouse également. Bref, un beau ramassis de mensonges à propos de choses qui ne m‘avaient jamais effleurées l‘esprit. Je vécus de nombreux mois dans un cabanon abandonné, à l’écart de toute civilisation, retournant de temps à autre chez ma mère comme je le lui avais promis. Elle me fournissait des vêtements et me proposait le peu de nourriture qu’ils avaient. Parfois, je profitai de mes talents de chasseur pour leur ramener de quoi manger en cachette. Mais je ne m’attardai jamais trop parmi eux, de peur de perdre le contrôle. J’allais les voir souvent, mais je restai chaque fois peu. Au fil du temps, je trouvai le courage de poser à ma mère les questions qui me brûlaient les lèvres, et auxquelles elle finit par me répondre, me suppliant de garder le secret. Ce que je fis, par respect et par amour pour elle. Car bien sûr que je l’aimais, tout autant que ce père et que ce frère que j’avais oubliés durant quelques années. Mais peut-on dire qu’un loup aime de la même façon qu’un homme ? Je ne crois pas.

Combien de temps restais-je près d’eux ? Un an, peut-être deux. Assez pour voir mon « père » laisser la vie dans ses champs. On lui avait épargné la guerre, mais pas l’exploitation, et il en avait fait les frais. De ce fait, je me rapprochai davantage de ma mère puis de mon frère, de sorte que je finis enfin par m’entendre avec lui progressivement. Oh, rien d’extraordinaire, mais il consentait enfin à m’adresser la parole, et à m’écouter parler, quelquefois. Il n’était pas ce que l’on appelle un garçon facile, et plusieurs fois je tentai de lui faire entendre raison, troublé par le mal qu’il faisait à ma mère en agissant à sa guise. Il n’était pas loup pour se permettre pareil comportement. Ainsi, ce jeune fou ne tiendrait pas longtemps, et j’en demeurai persuadé. Une fois de plus d’ailleurs, mon instinct ne me trompa pas. Une soirée de beuverie tournant mal, Ullian se débrouilla pour se trouver plus fort qu’une bande de gros costauds, qui lui firent littéralement mordre la poussière, ou plutôt la neige, un soir d’hiver. Ce n’est pas moi qui le trouvai et je ne pus lui venir en aide. Il fut ramené à la maison où ma mère s’occupa de lui jusqu’à l’épuisement. Elle priait le ciel chaque jour pour qu’on lui laisse son fils, et demeurait dans un tel état de panique que je m’en trouvais parfaitement bouleversé. Puis j’en vins à faire mon choix, après l’avoir entendue dire qu’elle refusait de partir après ses enfants, qu’elle désirait échanger sa vie contre celle de son fils, et qu’elle survivrait à la solitude, mais sûrement pas à la perte de la chair de sa chair. Pas après l’avoir eu tant d’années auprès d’elle. Ce que je comprenais, après tout. Enfin, d’un point de vue de loup. Elle nous considérait comme deux miracles mon frère et moi, parce que nous avions passé le seuil de l’enfance et grandi auprès d’elle, et de ce fait se sentait torturée à l’idée de nous perdre, après cet espoir qu’on lui avait donné. Elle m’expliqua qu’elle préférait le savoir loin d’elle mais bien vivant plutôt que mort, et que toujours elle avait cru en ma survie lorsque j’étais parti. Après cela, je tardai encore à me décider, sans hésiter ce soir de pleine lune où je pénétrai dans la « chambre » d’Ullian, avant de lui infliger une effroyable morsure, puis sans autre bruit que les cris de mon frère, de me retirer. Je dus faire preuve d’une retenue sans faille ce soir là, car jamais encore je ne m’étais arrêté après une simple morsure, le goût du sang excitant de trop mes papilles. Ne me demandez pas plus de détails sur cette scène et mon organisation déplorable. Simple morsure… je pensais que c’était là la seule façon de faire de lui ce que j’étais à l’époque, et je n’avais aucune garantie sur le succès de ma pitoyable tentative. Mais allez savoir par quel miracle encore, mes intentions obtinrent satisfaction.

Le lendemain, ma mère avait pansé sa plaie béante, et crié au loup dans tout le village, qui ne tarda pas à se mettre en chasse, tant qu’il le pouvait. De plus en plus je la voyais désespérer, et mon frère souffrir le martyre. Pourtant, l’inattendu se produisit et, de jour en jour, sa santé vint à s’améliorer. Ses os brisés se ressoudèrent par on ne sut quelle sorcellerie, sa fièvre retomba, et peu à peu, ses blessures se mirent à cicatriser. Ma mère devint persuadée qu’à force de prières, elle s’était faite entendre du tout puissant, et retrouva progressivement son sourire et sa bonne humeur. Et je ne savais comment lui dire que, si la vie d’Ullian avait été épargnée, ce n’était là que la contrepartie d’un tout autre sacrifice. Je savais que je lui avais donné une nouvelle vie, et que rien de serait facile. Que j’allais devoir l’emmener loin d’ici avant sa première transformation, et que ma mère allait devoir le perdre, nous perdre, pour de bon.

Rapidement il reprit du poil de la bête, et ce n’est pas peu dire, dans son cas. Je le sentais plus fort, plus vif, plus susceptible aussi, et plus agressif… Je me souviens m’être maudit ces jours-ci, pensant que j’avais créé un véritable monstre. Il n’était déjà pas facile humain, alors loup… je n’avais aucune idée de la façon dont j’allais le contenir, mais le mal était fait. Et il fallut de plus tout lui expliquer, puis annoncer notre départ précipité à notre mère. Je ne m’étendrai pas sur le sujet, ne me rappelant que trop la peine que je lui ai alors causée. Ullian n’avait jamais été un fils exemplaire, mais je ne l’étais pas davantage. Je fus déchiré à l’idée de la laisser complètement seule, et sans explication valable, mais je n’eus pas le choix. De son côté, Ullian n’était ni triste, ni perturbé par ce départ, mais excité, et persuadé qu’il reviendrait. Le loup en lui hurlait à la mort, avait soif de sang et d’aventures. Et sur ces adieux -oui adieux, car nous ne la revîmes plus jamais- nous partîmes tous deux, Ullian jeune loup fougueux et intenable, et moi, devenu mentor, frère, ami, et le plus souvent, donneur de leçons.


* * *

Je ne saurais vous dire à quel point ce fut compliqué de contenir les pulsions d’un loup « nouveau-né ». Mais par chance, les nouvelles responsabilités qui m’incombaient me permirent de me contrôler moi-même davantage. Il n’était pas question qu’à son contact je redevienne un monstre dépourvu de toute morale, et que je le laisse devenir comme tel. Je savais qu’il me fallait lui apprendre à survivre, et qu’un comportement je-m’en-foutiste n’y aiderait pas. Pour être honnête, ce n’était pas tant le fait de bien nous conduire qui m’importait, mais davantage la volonté de survivre dans ce monde sans pitié. Et l’instinct, qui me criait de protéger ma « meute », ne comprenant à l’époque qu’un seul membre : mon frère.

Ullian se montra très dur et parfaitement têtu. Je n’ai pas compté le nombre de fois où il m’a fallu lui faire comprendre certaines choses par la force. Par chance, s’il avait hérité d’un physique dévastateur auprès de ces dames, j’avais pour moi la force, et le loup que j’étais avait de plus l’expérience. Chaque fois il revenait à la charge, mais je finissais par lui faire comprendre. Avant de le voir inventer de nouveau de quoi me faire enrager. Malgré tout, lorsque je lui imposais de nouvelles directions, il obtempérait, et si quelques fois faisait la forte tête, me suivait toujours. Nous avons beaucoup voyagé à cette époque, et ce pendant près de deux années, je crois. C’était en plein pendant la guerre froide, juste un peu après la construction du mur de Berlin. Nous avons exploré le pays jusqu’aux Monts Oural, avant de repartir vers le Sud et de rejoindre Moscou. J’avais en réalité l’idée de contourner l’endroit dans l’espoir de retrouver la meute que j’avais quitté à Tver. Néanmoins, je décidai de m’attarder non loin de la grande ville, préférant attendre le bon moment pour les rejoindre tous, en compagnie de mon frère. Je n’avais pas l’intention de réintégrer la meute, simplement de passer les voir… Mais je n’avais aucune idée de la façon dont-ils réagiraient devant le comportement fougueux de mon cadet, et n’avais pas non plus l’intention de le faire tuer. Ne travaillais-je pas chaque jour durement pour sa survie ?

Ah, Moscou ! C’était à l’époque le plein hiver, mais inutile de préciser que ni moi ni Ullian ne craignait le froid de cette période de l’année. Sans jamais pénétrer dans la ville même, nous trainions alentour, chassant pour nous nourrir une fois transformés. Je commençai peu à peu à tenir Ullian, l’empêchant de massacrer à tout va, en lui expliquant que le but n’était pas de se faire tuer à son tour. Il m’écouta mais continua de provoquer tant qu’il le pouvait, s’arrêtant souvent de justesse. Le laisser seul me faisait peur, mais bien vite je compris qu’il valait mieux en venir à lui faire confiance, et qu’en le bridant je n’arriverais à rien. Alors il commença à fréquenter les bars mal famés des alentours, endroits rêvés pour les loups en chaleur… Oui, venons-en à cela, « chaleurs lupines ». Sachez qu’un loup est doté d’une libido surprenante en période de pleine lune. Et nous trouvions souvent quelques filles de joie pour satisfaire nos pulsions. Mais en ce qui me concerne, je m’arrêtai là. Ullian aimait en plus de cela charmer, séduire, et « collectionner » les femmes, héritage de sa vie humaine. Mais comment puis-je le lui reprocher, toutefois aujourd’hui ? C’est grâce à son flair infaillible et à son goût prononcé pour les jolies femmes que Rehan partage ma vie encore aujourd’hui.

Il était tard dans la matinée lorsqu’Ullian vint me trouver dans les décombres que nous habitions. Devant son absence, bien évidement, je m’étais inquiété pour lui, mais fut soulagé de le voir réapparaître sain et sauf, espérant qu’il n’avait pas semé la pagaille dans les environs. Mais très vite, je me rendis compte que la jeune femme qui l’accompagnait était loin d’être comme toutes les autres… et compris pourquoi il l’avait ramenée, comme ce n’était jamais arrivé. Elle était louve, elle aussi, magnifique et fière blonde, serveuse dans le bar où Ullian l’avait rencontrée pour occuper ses journées sous sa forme humaine. Hormis ceux de la meute, je n’avais jamais rencontré le moindre de nos semblables, et cette louve solitaire m’intrigua dès sa première apparition. Attachée à Ullian pour ce qui semblait être des affaires purement sexuelles, je la revis ainsi plusieurs fois, l’obligeant à me raconter son histoire. Elle m’apprit avoir été transformée après morsure, et avoir toujours vécu seule depuis ce jour. Sans aucun autre loup pour la modérer comme il était nécessaire… Ce détail, qui était loin d’en être un pour moi, m’intrigua au possible, et la fit monter dans mon estime. J’étais respectueux de sa personne et presqu’en admiration devant le contrôle qu’elle effectuait sur le loup en elle. Je sus dès l’instant où elle m’apprit qui elle était en réalité que sa compagnie me serait à jamais agréable, d’autant qu’à ce que je pouvais observer, sa force de caractère lui permettait même de retenir Ullian, et ce mieux que moi ! Encore aujourd’hui, je peux vous assurer que c’est l’unique louve que j’ai jamais rencontré qui, aussi jeune déjà, savait se maîtriser. Elle compte pour moi plus qu’elle ne le pense, m’apportant la paix et le soutien dont j’ai besoin, par l’autorité qu’elle a sur les autres et son légendaire sang-froid. Elle est la seule à penser exactement comme moi, ou presque, et m’est parfaitement indispensable. Et elle le sait, car à des lieux d’être stupide et aveugle. Mais peu importe. Vikita -car c'est son prénom- peut être fière de ce qu’elle est.

Un soir où le redoux se faisait sentir, Vikita insista pour qu’Ullian et moi la rejoignons au bar où elle travaillait, la nuit tombée. Après maints refus, je cédai, et accompagnai donc mon charmeur de frère dans la grande salle tamisée, indifférent à l’agitation qui s’y déroulait. Jusqu’à rejoindre Vikita, active derrière son maigre comptoir. J’échangeai quelques mots d’usage avec elle, avant d’être rejoint par mon frère et… à son bras… la plus belle créature qu’en trente années d’existence, il m’eut été donné de voir. Rehan, déjà répondante aux pulsions de mon frère, était la cousine de Vikita, et elle savait, pour nous. Elle savait ce que nous étions, et quelles étaient nos habitudes. Et pourtant, l’intimité qu’elle partageait avec Ullian ne l’effrayait pas. Je fus aussitôt charmé par sa gorge blanche, son visage fin sans la moindre imperfection, ses frêles épaules et ses longs cheveux châtains délicatement rassemblés en chignon au dessus de sa nuque. Coup de foudre ? Peut-être, mais un coup de foudre lupin, alors. Dès le premier soir, je la désirai, fou furieux contre un frère qui avait goûté son corps parfait avant moi, et s’en délectait. Et Vikita dans tout cela ? Cela ne semblait pas la gêner. Étrange réaction pour une femme. Femme qui était aussi louve, j’avais tendance à l’oublier.

Plusieurs fois après ce soir là, je la revis, toujours au bras d’Ullian, raison pour laquelle, autant que je le pouvais, je l’évitais. Il y avait bien d’autres femmes dans cette ville, et je ne voulais pas me confronter à Ullian pour une histoire pareille. Ne devais-je pas lui montrer l’exemple ? Plus agressif que d’ordinaire, je me préoccupais de moins en moins du mal qu’Ullian pouvait faire autour de lui, et vagabondais de par les bois, disparaissant ainsi durant plusieurs jours, parfois. Jusque à cette nuit de pleine lune, où la situation changea du tout au tout.

Perdu dans les bois sous ma forme lupine, je rejoignis Ullian et Vikita pour une partie de chasse, prévue depuis longtemps. Satisfait de pouvoir me défouler sur le gibier, j’étais loin de me douter de la tournure qu’allait prendre les choses, et que mes désirs refoulés reviendraient me hanter. Elle était là aussi, ce soir là. Désireuse de nous voir sous notre forme canine, folle qu’elle était, elle l’avait suivie, et s’était perdue à travers bois. Qu’imaginait-elle ? Que nous étions de douce peluches pour apaiser les enfants ? Mais au final, il est vrai, je bénis son inconscience. Aussi loin fut-elle, je repérai son odeur à presqu’un kilomètre de là et, par instinct, la rejoignit, comme appelé par elle, par son parfum léger, étrange pour un loup, mais délicieux pour l’homme fou amoureux que j’étais... Et que je suis toujours. Rapidement, elle se retrouva face à trois énormes loups, et au milieu de son excitation, je sentis venir la peur, que, de son mieux, elle tentait de combattre. Elle se laissa approcher par Vikita, qui, je me le rappelle encore, vint se coucher à ses pieds pour la rassurer. Puis, aussitôt après, par Ullian, qui posa sa truffe humide contre sa main fragile. Initiative que je ne supportai, ne pardonnai pas. Tous les efforts que j’avais fait jusque là pour me contenir furent vains à partir de cet instant. Et l’animal en moi prit aussitôt le dessus. Avec fougue, je me jetai sur Ullian, fou de jalousie, bien décidé à lui faire payer l’affront qu’il me faisait subir depuis plusieurs semaines. Mon premier réflexe fut de lui sauter à la gorge. Je savais me battre et étais plus fort que lui, de plus, je l’avais surpris, je savais donc que j’avais l’avantage. Avais-je l’intention de le tuer, ou simplement de lui faire comprendre qu’Elle était à MOI ? Je n’en ai pas la moindre idée. Mais ce que je peux vous dire, c’est que je n’ai jamais eu le temps de lui faire bien mal. Rehan, qui avait vu venir ma soudaine attaque, avait eu la folle idée de s’interposer, levant juste assez sa main fragile pour intercepter mes canines acérées. Le goût de son sang, je l’ai encore dans la bouche, bien qu’aujourd’hui, je me trouve heureux que les choses se soient déroulées ainsi. Je crus devenir fou après la morsure, plus fou de désir que je ne l’avais jamais été. Mais était-ce elle, ou son sang que je voulais ? Oubliant peu à peu mon frère, ce dernier en profita pour se venger de mon attaque injustifiée, rapidement rejoint par Vikita, furieuse contre moi après ce que je venais de faire. Je ne sais si tous deux voulaient me faire la peau, ou bien simplement me maîtriser, mais je parvins finalement à me calmer, parfaitement conscient qu’en m’y prenant au bon moment, j’aurais pu les tuer tous les deux. Mais ce n’était pas ce que je voulais, ce n’était pas moi, alors en signe de soumission, je reculai, faisant comprendre à mes deux acolytes que je n’étais plus d’aucun danger. Inquiet cependant, je tentai d’approcher Rehan, allongée à terre, souffrant en silence, en vain. Aussitôt je fus repoussé par Vikita, et n’insistai pas. Alors je l’abandonnai, elle et les deux autres, fuyant à travers bois et hurlant à la lune, terrifiant d’autres humains à la suite de cette aventure, avant de rejoindre un trou dans lequel me terrer jusqu’au lendemain. Je regagnai par la suite notre habitation de fortune, ne sachant encore où aller. Je ne savais pas si je devais attendre mon frère, rester là, mais je ne voulais plus les revoir, elles. Finalement j’ai laissé Ullian me rejoindre, lui faisant promettre de ne plus jamais me parler de cette histoire. Et pour la première fois, j’eus la preuve claire que mon frère m’aimait, tenait à moi du moins, car il accepta de garder le silence, et affirma ne pas vouloir être séparé de moi. Il ne m’en voulait pas. Cela eut le don de m'apaiser, durant les prochaines semaines que je passais sans revoir Vikita ni Rehan, m'efforçant de ne pas sans cesse me demander si j'avais ou non tué la deuxième.

Peu avant la prochaine lune, Ullian et moi décidâmes d’un commun accord de quitter Moscou pour de bon. Il était prêt à me suivre, et m’affirma en un sourire qu’il y avait probablement de très jolies femmes plus à l’Est. Nous partîmes alors le jour de notre transformation, sans rien hormis quelques douloureux souvenirs, comme nous étions arrivés. Rapidement, nous regagnâmes les hauteurs, d’où, une dernière fois, nous pûmes contempler l’immensité de la ville, et le noir imposé par le couvre-feu dans lequel elle était plongée. Et puis, le cœur bondissant dans mon poitrail, et tous mes sens en éveil, je la sentis de nouveau, tout comme Ullian près de moi. Je n’avais aucun doute, en dépit de cette odeur légèrement différente. Une odeur de loup, accompagnée de celle de Vikita. Puis ces hurlements débutants, elle nous cherchait. Mon premier réflexe fut de chercher le regard d’Ullian, mais si je ne savais que faire, comment mon frère pouvait être sûr de quoi que ce soit ? Alors je me mis à courir à leur rencontre, suivi de près par Ullian, avant de les retrouver. Je n’oublierai jamais le regard de Rehan cette nuit là. Elle ne m’en voulait pas, plus encore, me remerciait. Vikita était plus amère et plus distante, mais qu’importait. Je compris à cet instant qu’enfin, j’aurais ce que je voulais. Ainsi, dans le froid de la nuit que nous ne craignions pas, nous nous mirent en route tous les quatre, Ullian et Vikita en retrait, et elle, enfin, près de moi. Ils se soumettaient, s’en remettaient à moi et me suivaient. J’étais leur guide. La meute était constituée.



* * *


Nous avons vagabondé cette nuit là, mais au final, n’avons pas quitté Moscou. Nous nous sommes établis un peu plus au nord et avons fait des alentours notre territoire. J’avais quelques notions sur la façon dont diriger une meute pour en avoir fréquenté une, et n’avais pas d’inquiétude particulière. Et puis j’avais Rehan, qui semblait-il, avait délaissé Ullian pour se consacrer à moi uniquement. Vikita ne m’adressait plus la parole, et pourtant, elle était là. Je suppose qu’elle suivait la volonté de sa chère cousine, dont j’étais plus fou de jour en jour. L’Alpha que j’étais avait trouvé sa favorite, et Ullian ne vint plus se mettre entre nous. Il me sembla qu’elle m’aimait comme je l’aimais, et ce encore aujourd’hui…

Vikita, armée de ruse extrême, nous procura des papiers à Ullian et à moi, qui nous permirent de nous intégrer plus ou moins dans la société. Je ne sais comment elle s’y prenait. Charmant, rusant ? Toujours est-il que je lui ai toujours fait confiance, et pour tout vous dire, nous ne sommes pas restés en froid bien longtemps. Elle a dû voir que Rehan était heureuse, et a fini par se calmer. Ce qui n’est pas une mauvaise chose, car dès l’instant où elle s’est portée volontaire au sein de la meute, je l’ai parfaitement ressenti. Si Ullian est plus fort physiquement, c’est elle qui m’aide depuis bien longtemps à instaurer l’ordre et à la maintenir au sein de la meute. Elle est d’une intelligence déconcertante et elle sait diriger. Si les muscles ne forçaient pas les choses, elle prendrait aisément la place de second occupée par mon très cher frère. Mais je sais que je peux compter sur elle et c’est tout ce qui m’importe. Sa présence m’est aussi chère que celle de mon frère ou de ma bien-aimée, bien que pour chacun mes sentiments soient différents.

Nous sommes restés près de vingt à Moscou avant qu’il se passe de nouveau pour nous des choses intéressantes. De temps à autres, Ullian et moi repoussions quelques loups solitaires égarés. Pas beaucoup, deux ou trois me semble-t-il. Oui, nous gardions jalousement notre territoire et en étions fiers. Jusqu’au jour où, sans même nous en rendre compte, nous nous sommes fait… envahir. Oui, c’est bien le mot. Mais laissez-moi plutôt vous expliquer.

Durant vingt années, nous sommes restés la meute dominante de Moscou et de ses environs, travaillant en équipe, et repoussant toujours les envahisseurs. Nous avons vu l’URSS changer et devenir Russie, et la situation de son peuple s’améliorer difficilement. Nous étions toujours tous ensemble et étions fier de notre groupe -aussi réduit soit-il- moi le premier. Il nous est arrivé quelques péripéties durant toutes ces années, mais rien de bouleversant pour nos vies. Un fait peut-être à mentionner, nous rencontrâmes notre premier vampire au début des années 1970. A l’époque, aucun de nous ne soupçonnait l’existence d’êtres semblables. Nous l’avons senti dès l’instant où il a pénétré notre territoire. Le vampire sent fort pour les loups, mes amis. Et son odeur est différente de celles des humains ou de nos semblables. Ainsi nous ne pouvions que le remarquer. Nous n’avons pas pris la peine de discuter avec lui, et nous sommes contentés de le chasser. Il n’est jamais revenu. Puis Vikita s’est renseignée à son sujet et nous a appris l’existence d’autres êtres surnaturels comme les vampires, et celle des sorciers également, mais auxquels nous n’avons jamais vraiment prêté attention. Jusqu’à ce fameux jour, où nous avons repris la route, mais avant dois-je encore vous expliquer pourquoi.

Quatre, dans une meute, c’est bien trop peu pour prétendre à un territoire et le défendre. Nous en avons fait l’expérience lorsqu’une meute plus importante, et par conséquent plus puissante a réclamé notre place. Vikita ne supportait pas l’idée de partir en délaissant simplement nos terres à des inconnus. De mon côté, je ne pouvais risquer la vie des miens par fierté. Elle a eu tôt fait de le comprendre en revanche, et d’un commun accord, nous avons évité toute bataille, reprenant une vie nomade en avançant vers l’est, et plus au nord, dieu sait pour quelle valable raison. Certains mettrons en cause le destin. Après tout, pourquoi pas ? Une intuition peut parfois montrer le chemin, et conduire à l’apogée de votre existence…

Nous avons sur la route accueilli un nouveau membre, qui, bien trop différent de nous, a par la suite éprouvé le besoin de poursuivre sa route en solitaire, bien que cela soit risqué. Ses habitudes étant trop éloignées des nôtres, l’entente ne fut pas au beau fixe entre nous, et bien que désireux de l’aider à s’intégrer, je n’ai jamais voulu l’obliger à quoi que ce fut. Je ne suis pas comme cela, et ai toujours respecté les décisions d’autrui, pour peu que cela ne nuise pas au reste du groupe. Je n’ai jamais empêché quiconque de quitter la meute, et cela même encore aujourd’hui. Je n’en suis pas certain, mais il est possible qu’un jour Belian décide de voler de ses propres ailes et de monter son propre clan ailleurs… même s’il a encore beaucoup à apprendre, avant d’y parvenir… mais je reprendrai tout cela en temps et en heure.

En quittant Moscou, j’avais dans l’idée de retrouver d’une manière ou d’une autre la meute qui m’avait pris sous son aile durant les années qui avaient suivies ma première transformation. J’avais désormais confiance en Ullian et n’avait aucun souci à me faire par rapport à Vikita ou Rehan. J’étais prêt à me soumettre pour assurer la sécurité des miens, car dieu sait qu’il n’est guère aisé de protéger une meute lorsque l’on est en permanence en vadrouille, et si peu. Je ne les revis malheureusement jamais. Encore aujourd’hui je ne sais ce qu’ils sont devenus. Peut-être aurais-je un jour la chance d’en retrouver quelques uns ici même. Ce que je n’espère pas, car alors cela voudra dire que la meute s’est dissoute, et ce je le suppose à la suite d’évènements pénibles pour eux.

St Petersbourg… il a bien fallu y arriver un jour. Comment nous y sommes nous retrouvés ? Eh bien nous n’étions plus très loin lorsque nous avons été pris pour témoins d’évènements étranges au sein du monde surnaturel, ayant des répercussions flagrantes sur celui des humains. Aujourd’hui on parle de ce temps en terme de « crise ».
Bien que mêlé de près par la suite à ces phénomènes pénibles, je n’ai jamais bien su comment cela avait démarré, et jamais connu l’essentiel de ce qui s’était alors passé. L’Amnistia conserve bien des secrets, et bien que je fasse désormais confiance à cette organisation, je ne doute pas qu’elle cache à sa communauté bien des évènements. Mais sans doute est-ce après tout nécessaire. Je ne peux nier qu’elle a protégé les miens lorsque besoin s’en est fait sentir et je lui suis en cela redevable. Je n’ai en revanche pas à mettre le nez dans leurs affaires. Chacun de son côté, comme on dit.

La suite véritable des évènements a été provoquée par un élément que tous à l’époque nous ignorions, et qui a pourtant compté par la suite plus que de raison : l’arrivée de Belian. Mon premier fils, et celui de Rehan. Sa venue nous a poussé a réclamé l’hospitalité à une nouvelle meute. Celle de St Petersbourg évidement, celle dont nous étions le plus près. A l’époque, j’étais prêt une fois de plus à m’intégrer à une meute déjà existante, et à n’être plus alpha mais simple membre. Il me semblait plus sûr pour les miens de demeurer entourés et de nous sédentariser. Je ne voulais plus mettre ma famille en danger et ne désirait pas voir grandir cet enfant dans un environnement instable et trop peu sûr pour lui.

Je pourrais dire que nous sommes mal tombés, mais en vérité, je ne pense pas qu’il put y avoir meilleur moment. Des traîtres avaient déjà quitté la meute pour s’allier aux sorciers et aux humains chasseurs de surnaturel. L’Amnistia connaissait de grandes pertes à l’époque, presque à chaque mission. Dans cette « guerre » , dont personne n’a jamais vraiment connu tous les détails, ni la fin ultime, ni les hommes, ni les sorciers, ni les vampires ne furent épargnés. Les loups n’échappèrent pas à leur sort non plus.

Nous nous sommes présentés au chef de la meute et ne fûmes évidemment pas bien vus les premiers jours. Mais j’ai longuement expliqué notre cas et en promettant de me battre à leurs côtés si besoin s’en faisait sentir, suis tout de même parvenu à nous faire accepter. Ce n’est qu’en discutant plus tard avec l’Alpha de la meute, et par échange de sang, que la vérité s’étala enfin sous nos yeux…


* * *


Il y a cette phrase, que les Hommes emploient beaucoup : « Le monde est petit ». Sur ce point, je ne peux que leur donner raison. Car il sembla à l’époque, et c’était encore le cas, que je sois non pas un simple loup errant venu de l’est, pour tous ces loups, mais en personne… le fils de l’Alpha. Ce dernier avait déjà perdu deux autres fils. Il ne lui restait plus avec lui qu’une fille, Roksanna, ma demi-sœur. Le soir de cette découverte, cet homme plein de bravoure et de sagesse me raconta son histoire, et m’expliqua son aventure avec ma mère, ainsi que les raisons de son départ. Il m’avoua avoir repris en mains la meute de St Petersbourg peu après ma naissance, bien qu’il n’ait jamais eu vent de mon existence. Jusqu’à l’époque…

Mon père a toujours été pour moi celui qui s’est tué dans les champs, dans les années 1940. Mais ce loup a par la suite contribué à faire de moi ce que je suis devenu. C’est un fait que je ne nierai pas. Je ne l’ai pas assez connu, car il se faisait déjà vieux à l’époque, et nous l’avons perdu au cours d’un sanglant affrontement avec un groupe menaçant, de ceux qui alors causaient tant d’ennuis à l’Amnistia. Il m’avait déjà « adopté » et désigné comme son successeur légitime lorsque c’est arrivé. Il est mort en héros, protégeant les siens à s’en ôter la vie, succombant à son passé, son expérience, deux trois blessures et une balle en argent. Ullian et moi étions présents et avons contribué à repousser l’ennemi. La meute était considérablement affaiblie à l’époque, et mon frère et moi étions forts, deux mâles supplémentaires pour assurer la protection de leur territoire n’a jamais été vu de trop.

Aux derniers sacrements de l’Alpha, sa lupa fit en sorte que ses dernières volontés soient exécutées : elle me confia sa place, la place d’Alpha. Voilà comment, en l’espace de quelques semaines, je passai de loup vagabond à loup sédentaire, de chef de meute réduite à Alpha de meute conséquente, sucrant la place à un loup plus vieux que moi, beta de mon père du temps de son vivant. N’allez pas croire qu’en dépit de l’autorité de la lupa, je fus aussitôt accepté par la totalité de la meute. Même à moi, cette place ne me convenait pas. Je ne me pensais pas capable de diriger tant d’éléments, et de les protéger, car telles sont les raisons d’être d’un alpha digne de ce nom. Pourtant, à l’avenir, j’ai su m’accommoder de ce rôle, et à force de stratégie, de patience, les choses se sont arrangées. La « crise », comme on la nommait alors s’est estompée. Je ne crois pas y être pour beaucoup. Pour moi ce renouveau n’est dû qu’à un travail de groupe, effectué par tous. Tant les membres de la meute que l’Amnistia ou encore les vampires. Les alliances que j’ai créé au fil du temps auraient pu nous porter préjudice, au fond, il y a beaucoup de place pour le hasard dans une victoire, mais plus encore pour l‘organisation. Parce que je suis arrivé au bon moment, l’on m’affuble parfois du surnom de « sauveur de St Petersbourg ». Il n’y a pas un sauveur, mais plusieurs. Je ne le répèterai jamais assez.

Depuis ces temps difficiles, Ullian, Vikita, Rehan et moi n’avons jamais quitté St Petersbourg. Ce qui devait être un simple séjour préventif s’est transformé en un long règne mouvementé qui a su se stabiliser au fil du temps. Je suis aujourd’hui Alpha je le pense respecté d’une meute qui a repris du poil de la bête, à n’en pas douter. Également père de trois enfants maintenant, je veille sur chacun d’eux du mieux possible, conciliant mes devoirs « politiques » avec les plus personnels. Qui ne sont d’ailleurs pas bien différents. Je suis le guide, le père d’une civilisation. Pour chacun d’eux, je dois être à tout moment disponible, et prendre les bonnes décisions pour le bien être de tous. Ullian et Vikita, respectivement Beta et Tetra de la meute, m’appuient et me soutiennent depuis le commencement.

Les sorciers, les vampires… les créatures surnaturelles affluent toujours davantage à St Petersbourg. Au fil du temps, j’ai appris à les côtoyer, à les apprécier comme à m’en méfier. Il y a toujours quelques évènements plus ou moins dangereux et surprenants de temps à autres, mais globalement, c’est un climat de paix qui s’est installé ici et domine depuis plusieurs années. Les combats réguliers auxquels j’assiste ne sont que ceux que se livrent mes insouciants de fils. Mila, leur cadette, leur est bien plus douce et discrète, et occupe beaucoup mon attention. Elle est la seule à ne pas avoir hérité du gêne lupin, allez savoir pourquoi. En revanche, nous savons tous qu’elle est sorcière, particularité forcément héritée de la lignée de sa mère. Elle se sent à l’écart de ce fait mais je ne veux pas qu’elle soit exclue, et qu’elle souffre de sa différence. Rehan et moi travaillons chaque jour pour cela.



Que rajouter de plus à tout cela, mes amis ? Je sais que la paix et le pouvoir ne sont jamais acquis, mais j’ai confiance en mes semblables et demeure persuadé qu’en cas de nouvelle « crise », nous serons aptes à travailler ensemble pour la survie de nos éléments, de nos croyances, de notre espèce.

Oui, nous, car depuis des années je ne suis plus tout seul. J’ai désormais un territoire et à jamais une famille, que toujours j’aimerai et m’efforcerai de protéger.

Je suis né Loup, dans un petit village de Russie. Né pour être Alpha.


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MessageSujet: Re: " Celui qui trouve le pouvoir facile et excitant n'est qu'un imposteur. "   Dim 16 Mai - 15:08

Bienvenue !


« Montrez-moi patte blanche, ou je n'ouvrirai point ».
Jean de la Fontaine - Le Loup, la Chèvre et le Chevreau





« Bien le bonsoir,

Fourrure épaisse et crocs acérés, il semble que vous soyez prêt à rejoindre les rangs de notre communauté. Vos compagnons lycanthropes vous attendent pour hurler à la lune, élément de la meute ou loup-garou solitaire, marquez votre appartenance à une seule et même espèce !
Vêtements de rechange seront à votre disposition en fin de soirée. »






(c) Ice cream
Bienvenue à vous au sein de notre communauté. N'ayez pas peur mon ami, vous êtes officiellement des nôtres et c'est avec joie que je vous invite à explorer les lieux. Pensez à remplir quelques formalités d'usage: fiches de liens, de RP, demandes d'habitat, de rang... Une fois cela fait, n'hésitez pas à vous amusez un peu et à écrire tant que vous le pourrez. Vous êtes ici pour cela après tout. Je me ferais une joie d'être votre guide parmi nous, si vous avez des questions ou des doutes. Soyez sans craintes, je ne vous ferais aucun mal, ce n'est pas dans mes habitudes.
Je suis au regret de vous quitter, j'ai une réunion sous peu et un rituel à terminer.

Soyez heureux !

Oh, je ne vous ai pas dit ! Toute mes félicitations Alekseï, votre fiche est splendide. Longue vie au roi comme on dit !

Leandra E. Wilson


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MessageSujet: Re: " Celui qui trouve le pouvoir facile et excitant n'est qu'un imposteur. "   

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" Celui qui trouve le pouvoir facile et excitant n'est qu'un imposteur. "

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