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 Gonna take her for a ride on a Big Jet Plane [ Jeremiah ]

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MessageSujet: Gonna take her for a ride on a Big Jet Plane [ Jeremiah ]   Ven 18 Juin - 15:43




J’ai encore le goût du sang dans la bouche. D’une légère pression, je tamponne de temps en temps mon front endolori. Je ne me rappelle pas comment exactement, je sais juste que je me suis cogné la tête. La douleur me lance au niveau des tempes, et je suis régulièrement obligée d’essuyer mon visage pour y voir correctement. La plaie n’est pas étendue mais le sang coule énormément à chaque extrémité du corps. La tête n’échappe pas à cette règle.

-Ca va aller gamine, on arrive bientôt.

A côté de moi, Edward conduit sa vieille voiture avec plus de précipitation que d’ordinaire. Il a pourtant assuré que ma blessure n’était pas grave. Je l’entends lorsqu’il me parle mais sa voix me paraît lointaine et résonne à chaque fois dans ma tête.

-Oui génial. Tu pourrais peut-être les avertir qu’on est passés au McDrive. Jressemble à un Menu Best Of pour vampires, là…

C’est vrai, on aurait pu aller à l’hôpital, ou bien chez moi, au manoir, mais non. L’Amnistia est plus près, c’est vrai. Mais elle abrite aussi plus de vampires que partout ailleurs, et dans mon état, c’est peu judicieux de rentrer là bas tout de suite.

-Ce sont des agents Alys. Le premier qui se laisse tenter par toi version Bloody Sunday ne passera pas la nuit, c’est tout vu. …Arrête un peu de penser aussi fort…

Ah ah. Il n’a qu’à apprendre à contrôler ses intrusions, lui aussi. Je souffre, moi. Les lumières de l’extérieur m’aveuglent à chaque passage d’un autre véhicule et je commence à avoir froid, malgré le chauffage monté à fond dans cette vieille guimbarde.

Le moteur crache un peu, s’arrête. Ma portière s’ouvre et Edward me précipite à l’extérieur du véhicule. Toujours aussi aimable, il me pousse vers l’entrée du bout des doigts, assurant que je ne suis pas en état de profiter de la situation. Vieux rat aigri… j’arrive à peine à marcher droit !

J’avance dans le bâtiment, suscitant les regards curieux des quelques chanceux travailleurs de nuit. Edward à mes côtés ne me touche pas mais je l’imagine très bien dissuadant quiconque osera s’approcher de poser la moindre question. Nos missions ne regardent que nous, après tout, et nos supérieurs. Pas les rats de bibliothèques et encore moins les autres novices.

Me laissant guider par le vieillard ronchon, je ne pense pas même à regarder où il m’emmène. Les couloirs se ressemblent tous, et je me contente de contempler mes pieds en avançant. Je trébuche dans la seconde volée d’escaliers, et me sens sans mal retenue par une force triplement supérieure à la mienne et plus encore. Je devine derrière cette réception contrôlée non pas un sorcier, ni même un loup-garou, mais la grâce et la légèreté d’un vampire. Sans même prendre la peine de noter l’identité de mon « sauveur » ni de le remercier, une pique me vient directement à l’attention d’Edward.

-Je t’avais bien dit qu’ils seraient à l’affut. Tu viens de perdre ta novice, papy.

Le vieux sorcier hausse les épaules et secoue méchamment la tête. Puis son regard se lève vers celui du vampire qui me retient et il lui marmonne quelques renseignements au sujet de notre mission. Il me faut un moment pour me reprendre en mains et finir de monter les escaliers. Arrivée en haut, mon seul et unique réflexe est de m’asseoir en bout de marche, le visage toujours enfoui dans mon épaisse serviette éponge à présent gorgée de sang.

J’ai toutefois reconnu Jeremiah Domianov en grande conversation avec mon mentor. Pas vraiment étonnant. J’ignore si c’est parce qu’il ne me fait pas confiance ou parce qu’il me voit toujours comme une petite fille mais monsieur le Secrétaire Général se sent visiblement en permanence obligé de me surveiller. Comme si Edward ne suffisait pas. D’ailleurs, ce dernier s’est éclipsé, à merveille congédié par le vampire qui vient de me relever. Fantastique ! Il va pouvoir faire de moi son repas, sans témoin…

Je frissonne à son contact tant il est froid. Il le voit de suite et ôte ses doigts de mon menton qu’il vient de relever pour mieux contempler mon visage, et la plaie. Ma plaisanterie intérieure était de mauvais goût, je le reconnais. S’il y a un seul vampire ici auquel je dois faire confiance, c’est bien lui. Alors, sans rechigner, je me presse contre lui et le laisse m’entourer d’un bras tandis qu’il me guide jusqu’à ses appartements.

-Il faut désinfecter cette plaie.

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MessageSujet: Re: Gonna take her for a ride on a Big Jet Plane [ Jeremiah ]   Lun 21 Juin - 22:35

    Le vent sifflait contre la vitre du bureau, la pluie résonnait contre les tuiles d'ardoise fines. Cette nuit s'annonçait morne et triste, comme bien d'autres avant elle. Je me tenais derrière la fenêtre comme à mon habitude à cette heure...habitude prise il y a de cela des décennies déjà. Un rituel immuable, comme tant d'autres que je m'imposais inconsciemment; une fonction comme la mienne exige de la rigueur et une certaine organisation. Et de la rigueur, Dieu sait s'il existe que j'en suis pourvu.

    Sommes toute cette nuit allait ressemblée en tout point à celle d'hier et celle d'avant hier. J'allais vaquer à mes occupations personnelles...mes loisirs comme on les appellerais, puis je me rendrais dans les différents services de l'organisation pour décider des tâches à accomplir pour le lendemain. Rien de bien exaltant, si l'action régulait en général la vie de mes agents, ma vie à moi en étant le plus souvent totalement dépourvue.

    Triste constat d'un existence à la fois si importante et si futile! Importante de par le rôle que je joue, un rouage majeur de la grande machine Amnistia, mais si désuète au plan personnel en fin de compte. L'immortalité peu parfois pesé bien lourd quand les seules relations que vous entretenez avec les gens se limite au cadre purement professionnel.

    Lassé de m'apitoyer sur mon sort, je me détournai de mon reflet et me dirigeai vers la porte de mon bureau. Mon sempiternel sourire froid et détaché aux lèvres, je sortais dans le couloir et adressai à tous ceux que je croisai mes salutations les plus aimables et sincères. Ainsi en était-il de ma façon de me comporter tant en public que dans l'intimité; le regard doux, le visage affable, les traits relâchés...jamais je ne m'autorisais à laisser mes émotions transparaître, et cette façon d'être était partie intégrante de moi, de ma nature profonde.

    Je n'ai jamais eu besoin de hurler ou de me montrer blessant pour me faire respecter ou obéir. Le calme en impose souvent plus que la colère, chose que nombre de mes semblables semblait ne pas encore avoir compris. Je me retrouvai bien vite dans le grand hall, et soudain le fil de mes pensées fut interrompu par les paroles et les pensées d'autres personnes. Une certaine agitation régnait dans l'esprit de deux personnes que je finis soudain par identifier, non pas par leurs voix, mais par la façon bien distincte qu'avait chacune d'entre elles de se renvoyer les reproches à la volée sans même prononcer un mot.

    Edward, ce cher bougon de sorcier, mais dont les capacités et la valeur n'était plus à démontrer depuis bien longtemps; et Alys, son apprentie, ma protégée depuis qu'elle était arrivée dans cette contré. Apparemment quelque chose de grave venait de se produire et je me rapprochai d'eux sans qu'ils me voient, les suivant silencieusement. Alors qu'ils montaient les marches du grand escalier, je sentis soudain que la jeune femme était sur le point de chanceler, et d'un mouvement imperceptible pour le commun des mortels, je passai devant le sorcier pour me saisir d'elle avant qu'elle ne vacille.

    Après m'être assuré qu'elle serait capable de tenir debout toute seule, je finis par relâcher mon étreinte et me tourne vers Edward pour qu'il m'explique de quoi il retourne. Je n'ai pas besoin de parler, il prend les devant et me raconte alors tout ce qui s'est passé, la façon dont ils on été attaqué par surprise et comment alors qu'elle se défendait admirablement, la jeune sorcière avait malgré tout été blessée.

    Je reste impassible, ne voulant pas céder à l'affolement qui m'étreint, réaction peu ordinaire chez moi et qui me laisse perplexe, mais je n'en montre rien; mon visage reste de marbres et pourtant toujours aussi détendu. D'un signe de tête, je lui fait comprendre que je vais m'occuper d'elle, il la laisse à mes soins sans rechigner, sachant pertinemment qu'elle ne risque rien avec moi; lui et moi ne sommes pas toujours d'accord, mais pour ce qui est de la confiance, celle que nous nous accordons mutuellement est sans faille.

    Je retourne vers elle et lui prend doucement le menton, je veux lire dans ses yeux ce que je ne peux plus lire dans son esprit qu'elle vient de fermer à mon intention. Peut-être s'est elle rendue compte que j'ai entendu sa remarque sur la soif de sang qui pourrait m'assaillir, ou peut-être est-ce juste un reflexe. Peu importe, je feins de n'avoir rien décelé. La mettre mal à l'aise par une remarque déplacée n'était pas mon genre et ne ferait avancer en rien la situation présente. Elle avait besoin de soin et vite.

    Reculant sous le contact froid de mes doigts, elle finit par vaincre sa répulsion première et me laisse la soutenir pour qu'elle ait moins de difficulté à marcher. A ce stade je pourrais l'emmener à l'infirmerie, mais un examen rapide dû à l'expérience met en évidence que si ses blessures saignent beaucoup, elle n'en sont pas pour autant réellement dangereuses. Inutile de la conduire dans un endroit où elle ne serait pas considérée comme un cas prioritaire; tant de blessés arrivait chaque soir dans cet endroit.

    Et d'ailleurs, même si je ne voulais pas me l'avouer à moi même, je n'avais envie de la confier à personne. j'étais à même de la soulager et je le ferai. Nous finîmes par arriver dans mes quartiers, et une fois à l'intérieur, je la déposai délicatement sur le canapé, avant d'aller chercher de quoi désinfecter ses plaies.

    Te voilà bien amochée Alys, mais selon Edward tu as ait preuve de beaucoup de courage! Te jeter dans la mélée, voilà qui ne me surprend pas.

    Un léger sourire taquin passe sur mon visage, si la jeune femme me connait depuis longtemps, je la connais assez moi aussi pour savoir que ce genre de remarque fera son effet, mais qu'importe qu'elle s'en offusque au final, mon intention n'était que de lui faire oublier la douleur, ne serait-ce qu'un court instant. Et la colère permettait souvent d'atteindre ce résultat.

    Je continuais à lui prodiguer mes soins, attendant une réaction quelconque, et prêt à la recevoir le plus calmement du monde. Me mettre en position aussi inconfortable juste pour son bien être à elle, je devais vraiment tenir à cette enfant!
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MessageSujet: Re: Gonna take her for a ride on a Big Jet Plane [ Jeremiah ]   Mer 23 Juin - 13:01

Je jette un dernier regard empreint de mépris à mon mentor qui s’éloigne sans cérémonie. Me laisser en proie à un vampire, est-ce là donc une façon de s’occuper de son novice ? Certes, j’exagère, mais tout de même. Je me laisse malgré tout guider jusqu’aux appartements du Monsieur le Secrétaire Général et m’installe sans trop rechigner sur son ô combien confortable canapé. J’aime beaucoup Jeremiah, en vérité, et je n’oublie pas qu’il a toujours été là pour moi lorsque j’en ai eu besoin. Je le connais depuis que je suis toute petite, il a toujours été adorable avec moi, mais ce que je redoute le plus depuis que je suis entrée à l’Amnistia est de me voir privilégiée de part la relation que j’entretiens avec lui depuis mes 3 ans environ. A commencer par une chose toute simple : je l’ai tutoyé jusqu’à mes 21 ans, précisément, jusqu’à ce que je commence mon noviciat. Depuis, je n’utilise que le vouvoiement pour m’adresser à lui, quand encore je daigne lui parler. J’ai mis une certaine distance entre lui et moi, il n’a jamais d’ailleurs montré que cela le peinait, je pense donc qu’il comprend au moins mes réactions. Mais je refuse d’obtenir ma place parce que mes parents étaient eux aussi des agents et que le chef des opération m’a à la bonne. Je ne travaille pas comme une folle pour rien, alors !

Mon front s’obstine à saigner toujours, et, de mon côté, je continue de tamponner la plaie avec le morceau de tissu rougi qui menace de me glisser entre les doigts. Je n’ose même pas imaginer l’état de mes cheveux, lavés le matin même ! Ils sont poisseux, emmêlés, et teintés d’une splendide couleur sombre ! Délicieux…

Du coin de l’œil, je regarde alors mon infirmier choisir avec soin de quoi panser ma plaie, puis ricane nerveusement à sa remarque.

-Edward est un menteur alors, ou vous un enjoliveur. J’ai glissé et me suis cogné contre de la ferraille en évitant les tirs. Ca n’a rien d’extrêmement glorieux.


Le ton de ma voix est sec, dur, mais je refuse que l’on me prête un courage dont je n’ai pas fait preuve. Franchement, ce soir, j’ai été bien ridicule. Certes, j’ai pris l’initiative de me battre avant, mais cette blessure qui orne désormais mon front n’est due qu’à une pitoyable maladresse ! Encore heureux que j’ai trouvé la force de me relever pour terminer ce qu’on avait commencé, et bien mal encore puisqu’on a du abandonner ! Ah oui, minable victoire, pitoyable soirée !

Si la fatigue me submerge déjà, je boue de colère en repensant à cette intervention ratée. Et si Edward ne s’est pas éternisé auprès de moi et Jeremiah, je sais précisément que c’est parce qu’il a honte, lui aussi. On est une bonne équipe à nous deux et avons sans doute bien trop tendance à nous surestimer. Ce soir, ça a clairement déjoué en notre faveur. « Bien fait » , ai-je envie de dire, cela nous apprendra.

Je me laisse un moment envahir par le mal qui cogne contre ma tête et m’appuie contre le rebord du canapé. Je ferme les yeux durant des secondes qui me paraissent infinies et les rouvre enfin lorsque je sens la présence du vampire près de moi. Particulièrement difficile à déceler pour un humain quelconque, mais le pouvoir en moi reconnaît le sien et mes sens ont été aiguisés à reconnaître le surnaturel partout où il se trouve. 5 ans d’Amnistia, que voulez-vous…

Du coin de l’œil, je le contemple alors avec méfiance, et hausse un sourcil interrogateur.

-Vous allez me recoudre ? Il y a entre ces murs des méthodes bien plus efficaces et rapides, me semble-t-il…

Le sang de vampire, par exemple. Il suffit qu’il dépose quelques gouttes du sien sur ma plaie et demain déjà elle sera guérie. Mais c’est stupide de penser une pareille chose de la part de cet « homme », en vérité. Je pourrais appeler Lea également, mais Jeremiah tient absolument à tout faire le plus « naturellement du monde ». C’est tout à son honneur d’ailleurs, et rare pour un vampire. Mais il exagère des fois, honnêtement. Peu importe, je suis trop épuisée pour protester et me contente de lever les yeux au ciel en soupirant, puis me laisse faire sans broncher. Il commence par endormir la plaie et je vois ensuite le fil et son aiguille se promener au dessus de ma tête, à travers ma chair…

J’ai confiance en lui à vrai dire, tellement que je pourrais m’endormir là. Et dieu sait que n’importe qui n’a pas ce privilège, avec moi.

-Vous êtes doué. On dirait que vous avez fait ça toute votre vie.

Oui, en même temps, cette formule est quelque peu inappropriée pour un vampire. Il a largement eu le temps d’apprendre la médecine et des dizaines d’autres métiers, en vérité. Peut-être a-t-il été médecin, d’ailleurs. Oui, juste par curiosité, au fond, j’aimerais bien en apprendre davantage sur son passé…

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MessageSujet: Re: Gonna take her for a ride on a Big Jet Plane [ Jeremiah ]   Jeu 1 Juil - 16:01

    Je souris malgré moi, comme je m'y attendais, ma petite phrase à fait son effet et la jeune femme relève mes dires de façon sarcastiques. Peut-être plus que cela d'ailleurs, je sens poindre l'amertume dans sa voix et sa façon de se tenir. J'ai exagéré bien entendu, Edward ne m'a pas menti et ne m'a pas caché ce qui c était réellement passé. Mais à mon sens, le fait même de se tenir sur le champ de bataille et de ne pas reculer devant l'adversité est déjà la preuve d'une grande force de caractère que même certains agents n'ont pas encore acquis ou ont perdu.

    Les épreuves et l'urgence de la mort changent les hommes de bien des façons. Devant l'imminence d'une fin certaine, certaines personnes flanchent complètement et se résigne à y passer. D'autres se dressent fièrement et font face, jusqu'à leur dernier souffle de vie. Ce qui c'était passé ce soir, la façon dont elle s'était blessée n'y changeait rien, cette fille était de la race des battants, de ceux qui ne courbe jamais l'échine devant qui que ce soit. Rien que pour cela elle méritait tout mon respect, mais aussi toute mon admiration. Tant de force à son âge était tout à fait inhabituel, et je me flattais d'avoir veillé sur cette enfant plutôt qu'une autre.

    Tiens donc, voilà que je me découvrais orgueilleux à présent. Décidément il faudrait que je pense à me contrôler un peu mieux en présence d'Alys, j'avais trop tendance à être distrait en sa présence...curieux!

    Je fais quelques pas vers une petite armoire derrière moi, puis reviens vers elle, toujours aussi calme et serein, l'atmosphère de la pièce doit l'apaiser, car même si elle reste toujours aussi sur la défensive, à mon grand désarroi, je la sens qui se relâche progressivement. Lentement, je m'approche puis fini par me rasseoir auprès d'elle.

    D'un geste leste et précis, je désinfecte et nettoie la plaie qui barre son front, puis commence à la recoudre soigneusement et délicatement. Elle proteste légèrement, faisant une allusion plus que claire pour moi qui m'arrache un léger rictus nerveux. Mon sang, certes je pourrais l'en faire profiter, mais céder à la facilité et abusez de ce genre de don pour tout et pour rien n'est pas ma façon de concevoir les choses. Elle le sait, n'insiste pas. Je me fais un devoir de ne pas profiter de mes "talents" pour mon profit personnel, c'est quelque chose de compliqué à accomplir, même au bout de 1000 ans, et même si j'en meurt d'envie, je ne la soignerais pas de cette façon.

    Semblant avoir capté mon trouble, ce dont je doute, elle me complimente alors sur ma façon de lui prodiguer mes soins.

    A vrai dire, je n'en suis pas à mon coup d'essai, il m'est arrivé dans le passé de soigner de nombreuses personnes sur les champs de bataille. Toute cette peine, toute cette souffrance. Je me suis toujours fait un devoir de soulager la douleur quand cela m'était possible!

    Toujours? Bien sur que non Jérémiah depuis fort longtemps certes, mais pas toujours. Tu n'as pas toujours été aussi irréprochable que tu le souhaiterais, ta vie avant l'Amnistia, l'as tu oubliée?

    Mon regard se voile très légèrement, furtivement à la pensée de mes exactions passées, mais tout cela est loin désormais; et même si j'en ai honte, c'est ce qui a forgé celui que je suis aujourd'hui. Ma tâche accomplie, je me lève doucement et repart vers l'armoire, lui tournant le dos. Ses dons de perceptions sont-ils déjà assez affutés pour avoir perçu ce que je viens de voir défiler dans mon esprit?

    Il y a de fortes chances que oui à vrai dire. Mais je fais comme si de rien n'était, elle aura surement saisi sans comprendre et je ferme mon esprit que j'avais relâché par inadvertance quelques minutes auparavant. Je me tourne à nouveau vers elle.

    Voilà qui est fait, tu pourras de nouveau reprendre tes activités dès demain si tu le désires, ce ne sont rien que des blessures superficielles.

    Alors, depuis le temps que nous ne nous sommes pas vu, racontes moi un peu! Ton apprentissage se passe bien? Et Edward...il ne t'en fais pas trop baver?


    J'en envie d'entendre sa voix, de faire le plein de sa présence avant de la laisser repartir et s'éloigner de moi à nouveau. Sentiment étrange, impression d'agir égoïstement, ce qui ne m'arrive pourtant jamais. Mais après tout, je passe tant de temps à m'occuper des autres, je peux bien penser à moi aussi de temps en temps...non?
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MessageSujet: Re: Gonna take her for a ride on a Big Jet Plane [ Jeremiah ]   Sam 3 Juil - 0:59

Sa minutie n’a d’égal que sa patience ou sa tolérance encore. Maintes fois je lui ai donné l’occasion de me reprendre sèchement, ou même de mettre à pied, mais il se contente d’afficher cet imperceptible sourire qui fait de lui un être au dessus des autres, calme et serein en permanence, sage parmi les sages, au dessus de tout. Je ne l’ai jamais vu en colère ou énervé. Je ne l’ai jamais non plus vu triste ou apeuré. Il est un vampire qui ne laisse transparaître aucune de ses émotions. Comme tous, ou presque, sauf que lui encore a la finesse d’éviter l’humour douteux et de se prendre pour le maître de l’univers. Les Grands de ce monde sont de toute façon ceux qui le méritent, uniquement. Je ne sais pas grand-chose de lui mais à travers tout le mal que j’ai pu en dire, je sais qu’il est un agent qui mérite sa place. Contrairement à d’autres, je le sais préoccupé par le sort de ses semblables et de ses agents. Je sais qu’il ne tenterait jamais rien qui puisse nous mettre en danger s’il le pouvait. N’est-ce pas d’ailleurs ce que je lui reproche ? Il est tout le temps fourré derrière moi, d’une façon ou d’une autre, à m’épier, me surveiller. Ne pourrait-il pas simplement me faire confiance ?

-Quand croirez-vous enfin en moi ? Cette blessure est ridicule et ne prouve rien, dis-je en désignant les points qui ornent désormais mon front. J’ai plutôt la réputation de compter parmi les plus entreprenants de vos novices. Et je n’ai encore jamais mis personne en danger, j’ai prouvé maintes fois que j’étais capable d’aller sur le terrain et de m’en sortir. Dois-je attendre encore 5 ans et votre signature sur un papier pour être enfin prise au sérieux ? Du moins, expliquez-moi pourquoi vous tenez tellement a être rendu de mes moindres faits et gestes. Me considérez-vous comme un élément inconstant et avez-vous peur ? Ou voyez-vous toujours en moins la petite orpheline qu’il faut protéger de tout ?

Cette question dernière est sortie de ma bouche sans que je ne m’en aperçoive, ou presque. Est-il possible qu’il s’inquiète réellement pour moi, ma vie seule, plutôt que pour celle des autres ? J’ai toujours vu en lui un être qui me prenait en pitié et avait pour cela accepté ma candidature à l’Amnistia, tentant aujourd’hui désespérément d’empêcher la catastrophe avec moi dans son organisation. Mais peut-être que m’avoir vue grandir lui procure quelque étrange sentiment vis-à-vis de moi, plus que de la sympathie, un besoin réel de poursuivre le travail de mes géniteurs, en s’inquiétant pour moi à leur place… Si c’est le cas, j’aimerais bien lui dire que j’ai des parents adoptifs et qu’ils s’inquiètent déjà suffisamment… Mais je trouve cette supposition ridicule, bien que sachant pertinemment que Jeremiah est un vampire altruiste et généreux. Pour être tout à fait honnête, j’ai du mal à savoir qui il est vraiment. Est-ce qu’un père, un amoureux peut véritablement se cacher derrière ce bloc de glace imperturbable ?

Et la suite de ses paroles ne confirment en rien mes hypothèses, à vrai dire. Qu’il « se soit toujours fait un devoir de soulager la douleur » ne signifie pas qu’il soit réellement capable de s’attacher. Peut-être ne cherche-t-il qu’à se rattraper, au fond, comme beaucoup de vampires…

-Une façon pour vous d’expier vos fautes ? Une fois vampire, vous vous êtes fait médecin pour vous noyer dans la foule et sauver quelque âme en pensant que cela compenserait vos crimes passés ?

Ma question ne lui est adressée avec aucune finesse. Je ne cherche pas à le blesser mais à savoir, véritablement. Et le bousculer un peu -si tant est que ce soit possible- est la meilleure façon d’arriver à le faire parler. Je serai bientôt un agent de terrain, je commence à connaître mon métier et à élaborer moi-même quelques ruses afin de mener à bien les interrogatoires… Je doute en revanche que mon présent interlocuteur se laisse avoir, mais je ne le vois que trop sourire à mon petit numéro et accepter de raconter tout de même. Au fond, je crois que nous nous connaissons mieux que nous le pensons…

Avec attention, je l’écoute me conter son passé. A plusieurs reprises, son regard se voile, et alors je comprends que je n’ai point affaire à un vampire insensible. Il reste maître de lui-même, de ses émotions, mais ne se trouve pas moins affecté par les évènements. La vie, humaine ou non, est précieuse à ses yeux. Il n’est pas qu’un prédateur recherchant le pardon. Je le découvre un peu plus à chaque seconde et me trouve touchée par son histoire et sa véritable personnalité. Je ne me souviens pas avoir évoqué des choses aussi intimes en sa présence. Nous n’avons jamais beaucoup parlé il faut dire, mais lorsque j’étais plus jeune, c’était tout le temps sur mon cas que l’on s’attardait…

J’affiche un air plus serein que tout à l’heure, ma colère est retombée, et je n’ai plus même de raisons d’être désagréable avec mon supérieur. Ni l’envie. En un léger sourire, je le remercie, puis ramène mes genoux contre moi avant d’y poser ma tête. Je fais un peu comme chez moi, je suis fatiguée, et certaine qu’il comprendra. Et puis de nouveau, on en revient à moi. Je soupire et contemple l’horizon d’un air rêveur.

-J’y arriverai. Peu importe ce que disent les autres ou ce que vous en pensez. J’aime ce travail et ce n’est pas ce vieux grincheux d’Edward qui y changera quelque chose.

Ma phrase se termine en un rictus amusé, et un regard complice avec mon interlocuteur. J’ai le sentiment qu’il se passe quelque chose entre nous, tout est si différent de d’habitude. La plaie certainement, au moins je suis sûre de m’être cogné la tête.

Mais peu importe. Avec grâce encore, je me laisse glisser contre le dossier et m’allonge paisiblement sur le sofa avant de fermer les yeux. Je les rouvre un temps plus tard, lorsque je sens les doigts gelés du vampire frôler mes bras. Je lui souris encore une fois pour le remercier de tant d’attention. Il vient de remonter une couverture sur mon corps froid. Je me sens mieux allongée, même si je n’ai pas l’intention de m’endormir. J’aurais dû le remercier de vive voix et quitter cet endroit mais, allez savoir pourquoi, j’ai préféré m’étendre là et contempler son visage un peu plus longtemps…

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MessageSujet: Re: Gonna take her for a ride on a Big Jet Plane [ Jeremiah ]   Dim 11 Juil - 12:53

    Curieux comme une simple petite question somme toute anodine de ma part, à le don de la mettre si ce n'est en colère, tout au moins sur la défensive. Etrange, je souhaitais juste prendre des nouvelles d'elle, savoir où en est son apprentissage, lui montré de l'intérêt tout simplement. Bien sûr je peux tout savoir sur elle si je le désire, il me suffit de demander autour de moi, ou à ses instructeurs; mais je veux l'entendre me donner ses impressions d'elle même, juste communiquer avec elle. Est-ce si mal au final?

    Ma fonction m'isole de tout et de tous, c'est inévitable, je suis le chef, celui à qui tous veulent prouver quelque chose, mais je suis aussi quelqu'un de sensible même si je n'en ai pas l'air...il m'arrive de me dire que c'est parfois bien cher payé d'être là où je suis si c'est pour être condamné à n'avoir jamais de réel rapports avec les gens. Chaque relation que j'entretiens n'est basée que sur des rapports de force ou hiérarchique. Personne n'est jamais réellement sincère ou cordial avec moi; ou rare sont ceux qui ne se sentent pas obligés de faire bonne figure devant moi.

    La voilà donc qui me parle comme si je n'étais rien de plus qu'un vulgaire étranger qui se mèlerait un peu trop de ce qui ne le regarde pas. Je la comprends, elle veut prouver qu'elle peut réussir sans mon aide, mais je n'ai nullement l'intention de l'aider de quelque manière que ce soit; juste de veiller sur elle parce qu'il le faut et parce que je le veux. Mais elle ne peut pas le comprendre, pas encore. Je suis un peu blessé par la façon dont elle me parle, je n'en montre pourtant rien, arborant toujours mon éternel sourire détaché. C'est une telle habitude que c'est même inconscient chez moi désormais.

    Ce n'est pas un problème de confiance, ni même de méfiance, nous sommes simplement ici toi et moi et je ne désire que m'informer de ce que tu ressens, rien de plus. Je ne te parles pas en tant que supérieur mais en tant qu'ami. Car quoi que tu en penses, je suis aussi ton ami.

    Et bien plus encore, j'ai un peu été si ce n'est comme un père, tout au moins comme un ange gardien pour elle pendant toutes ces années, il fut même un temps où elle était contente de me voir, mais tout cela à bien changé depuis qu'elle a intégré l'amnistia.

    Je te pense tout à fait capable de te débrouiller sans moi du reste, mais le fait est que je te connais depuis que tu es toute petite et donc oui je me sens un peu responsable de toi mais je ne vais pas t'empêcher de te forger par toi même.

    Un court silence s'installe, durant lequel je me remémore les évènements qui se sont déroulés quelques années auparavant, mais cette fois je prends bien garde de fermer mon esprit à son regard. Viens l'allusion sur mon passé de soigneur. Si elle savait les vrais raisons de tout cela, si elle imaginait seulement pourquoi je suis devenu tel que je suis aujourd'hui. Mais après tout, peut-être est-il temps pour elle d'en apprendre un peu plus sur moi. Elle est assez grande pour accepter le fait que je n'ai pas toujours été l'ange que je semble être.

    Expier...oui c'est une façon de voir les chose. Disons que par le passé, au tout début de ma vie vampirique, je n'ai pas été le plus irréprochable d'entre nous. Je n'avais pas les mêmes scrupules qu'aujourd'hui, ni le même respect de la vie humaine. Alors j'ai tué...beaucoup...pour me nourrir et aussi par plaisir je l'avoue. Encore maintenant il m'est difficile de combattre ma nature profonde, mais je ne ferais plus jamais de mal à qui que ce soit à moins d'y être obligé. J'ai été sauvé par cette organisation il y a environ 900 ans de cela, j'étais dans l'erreur et toute ma "vie" ne suffira certainement jamais à racheter ce que j'ai fait!

    Rien n'a changé dans mon expression, mis à part peut-être mon regard qui s'est légèrement voilé, mais cela n'a duré qu'un instant. Je la regarde droit dans les yeux pour m'apercevoir que son visage s'est adouci, comme si le seul fait que je me sois confié à elle l'ait détendue, l'ait flatté aussi quelque part et il y a de quoi en fait...je n'ai probablement jamais parlé de tout cela à personne en dehors des parents de Léandra. Je distingue même un sourire qui m'est adressé; enfin un peu de chaleur émanant de sa part...une sensation de plaisir me prend soudain, peut-être que tous nos soucis ne sont dû qu'à un manque de communication...dont je suis surement responsable il faut bien l'admettre, mais en tant que vampire, j'ai souvent du mal à réagir comme un être humain normal; les préoccupations mortelles ne signifient plus grand chose pour moi et cela depuis longtemps. Mais je ne les méprisent pas pour autant.

    Comme apaisée, rassurée, elle finit par se mettre à son aise et ferme les yeux. De peur qu'elle prenne froid, je me permet de mettre une couverture sur elle, frolant son bras imperceptiblement, mais suffisament pour qu'elle se reveille et plonge son regard dans le mien. Tout est différent de tout à l'heure, une complicité s'installe entre nous...enfin...après tout ce temps à attendre qu'elle ne voit plus en moi que son supérieur froid et ennuyeux. Une pulsion me fait alors changer de place, et je viens m'asseoir juste à côté d'elle. Avant qu'elle n'ai le temps de réagir, je me suis relevé et lui prépare une boisson chaude, craignant de lui avoir donner trop froid. Ma peau glaciale est l'un des désavantages à être vampire...pour les êtres sensibles tout du moins.

    La boisson prête, je viens la lui porter et m'installe cette fois tout à côté d'elle en évitant toutefois de la toucher.

    Tu veux en apprendre un peu plus sur moi? Ou mon récit précedent t'as suffit pour te faire une idée de qui je suis?

    Je ne veux pas qu'elle se lève et qu'elle parte, je veux la retenir le plus longtemps possible près de moi. Pour ça je suis prêt à lui parler de moi comme jamais je en l'ai fait auparavant. Une étincelle dans ses yeux me fait comprendre que j'ai toute son attention!

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MessageSujet: Re: Gonna take her for a ride on a Big Jet Plane [ Jeremiah ]   Ven 16 Juil - 2:01

Malgré moi, ses paroles m’attendrissent. Je le sens bienveillant, désireux d’aider son prochain et inquiet. Je ressens son respect de la vie humaine et de la vie tout court et ne peux m’empêcher d’oublier un peu tout ce qui d’ordinaire, fait que je l’évite, ou ne l’apprécie guère. Je me rappelle du temps que nous passions ensemble étant petite. Je ne me souviens pas de tout en détails, mais je sais qu’alors je l’aimais, et me montrais alors bien plus chaleureuse avec lui qu’aujourd’hui. Peut-être que je regrette la façon dont les choses ont tourné. Mais maintenant au moins, il connaît les raisons exactes de cette distance que j’ai peu à peu établie entre lui et moi. Après cet entretien, il saura définitivement que cela n’a rien à voir avec lui et sa personne. Sans doute ce moment était-il nécessaire. Oui, voilà bien longtemps que j’aurais dû mettre les choses au clair…

-Je n’ai pas oublié tout ce que tu… vous avez fait pour moi. Et je ne l’oublierai jamais. Je ne suis pas en colère contre vous. Je désire simplement prouver que je suis capable d’atteindre les buts que je me suis fixée. Seule. Sans votre aide…

Je me suis radoucie, il n’a pu ne pas le remarquer. Après l’avoir écouter, je m’en veux un peu d’avoir été si dure avec lui. Il aurait dû me punir, sévèrement. Il est mon supérieur et je suis la première à m’adresser à lui avec cette fougue et cette rudesse… tout simplement parce que je le connais, et que je n’ai pas peur de ses réactions. Depuis le début en réalité, je fais tout pour conserver cette proximité qui nous lie…

-J’ai fait des erreurs aussi. J’ai été stupide. On croit parfois… prendre les bonnes décisions alors qu’en réalité… on se trompe totalement, par égoïsme pur et simple. L’important… c’est de s’en rendre compte. Vous avez racheté vos fautes il y a de cela bien longtemps, je présume. Il est évident que vous avez changé, à tel point que n’importe qui douterait que vous ayez un jour pu céder à vos pulsions…

Ce petit discours réconfortant lui est autant destiné qu’à ma personne, en réalité. J’essaie de nous rassurer tous les deux, et surtout, me faisant plus aimable et attentionnée qu’auparavant, de lui montrer que je ne le jugerai jamais sur ses actions passées. Je connais les vampires, tout comme les loups. On fait tous des erreurs terribles, que l’on soit humain, sorcier, ou autre. Nos crimes sont à l’échelle de notre nature. Aucune existence n’est irréprochable, il y a un temps d’apprentissage pour chacun d’entre nous. Humains, enfants, l’on met la tête de son camarade dans la cuvette des toilettes. Vampire, on boit le sang d’un innocent en lui arrachant la vie. C’est terrible mais, à lui tout du moins, je suis prête à pardonner. Je n’y ai pour ainsi dire jamais réfléchi. Ce ne sont pas les crimes dont il est coupable qui m’intéressent, mais son vécu. Et je suis satisfaite de ce qu’il m’en a transmis. J’ai sais désormais davantage à son sujet, et demeure tenue au secret de choses dont je ne me serai jamais doutée.

En quoi entretenir une relation privilégiée nous nuirait-il, au fond ? Etrangement, ce soir, bien qu’il soit mon patron, j’ai juste envie d’oublier toutes les barrières qui nous freinent d’ordinaire, et de l’écouter parler. Je suis curieuse, sa vie m’intéresse, et plus encore maintenant qu’il m’en a conté un morceau. Peut-être qu’on fond c’est là bien ce que j’ai toujours voulu, sans véritablement me rendre compte de ce que cela impliquait.

J’ai toujours eu envie d’être proche de lui je crois bien. Peut-être parce qu’il est « mon tout premier vampire ». Peut-être parce qu’il s’est occupé de moi au moins aussi bien que les Wilson, lorsque j’ai perdu mes parents, et même avant. Peut-être tout simplement parce que l’homme, derrière le vampire, me fascine, et suscite tout mon intérêt. Sans doute ai-je toujours eu peur de ce que cela pourrait amener, et ainsi me suis-je toujours bornée à entretenir avec lui une relation amère, et compliquée…

Voilà que je me surprends à craindre mes sentiments ! Je ne sais ce qui me lie à Jeremiah exactement, mais ce soir, sur ce canapé, en face de lui, j’ai le sentiment qu’il s’agit de quelque chose de fort, et surtout, d’indescriptible. En l’espace d’une soirée, j’ai fait basculer mes croyances, mes impressions à son égard. Au fond, j’ai beaucoup de considération pour lui. Peut-être que je me trompe, mais je l’imagine difficilement entretenir des rapports en dehors du travail. A-t-il des amis ? Une petite amie ? J’en doute. Peut-être souffre-t-il de cela. Peut-être a-t-il toujours cherché en moi le moyen d’accéder à une proximité qui le ferait se sentir plus humain. Sans doute en a-t-il assez de toujours être le supérieur de tout le monde, d’être un modèle de perfection et de ne pouvoir se défouler. Peu importe que l’on soit un vampire raisonnable, un homme plein de bon sens, respectueux et réfléchi. Il faut savoir s’amuser dans la vie, et ne pas endosser à longueur de journée -ou de nuit- que des responsabilités. Comment vivre ainsi ?

Allongée près de lui, je sursaute vivement lorsque je me rends compte que la fatigue a eu raison de mon. Dans un état crépusculaire, entre l’éveil et le sommeil, mes pensées se sont laissées aller. Mon esprit n’était pas bloqué, ce qui signifie que mon interlocuteur a pu y pénétrer à n’importe quel instant. Peut-être même n’a-t-il pas eu le faire, tant une partie de moi souhaite qu’il sache jusqu’où je le comprends…

Un peu gênée cependant, j’étudie son regard, pour savoir… Il est toujours tendre et souriant. Comment ai-je pu imaginer un seul instant qu’il prenne mal ces réflexions ?

Doucement alors, je cherche sa main pour la presse délicatement dans la mienne. Je ne pense plus à la hiérarchie, je ne pense plus à l’ordre, rien qu’à l’humanité qui nous unit.

-J’aimerais pouvoir vous aider. Racontez-moi encore, s’il vous plaît… Nous aurions dû avoir cette conversation il y a de cela longtemps...

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Gonna take her for a ride on a Big Jet Plane [ Jeremiah ]

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